Le Pont des Douces Arcades

Rue du Moulin, 13

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Photo : ecautour

Feu Marius Mary, dans un article publié dans « Le Val Vert » en 1999, écrivait : Parler du tram à Ecaussinnes amène à penser à l’Arlésienne de Georges Bizet. La comparaison qui nous vient instantanément à l’esprit est : Tout le monde en parle, mais personne ne l’a jamais vu. Marius à raison, jamais un tram ne passa sur ce pont. En 1891, des pourparlers entre les communes en vue d’installer une ligne allant de Nivelles à Soignies furent entrepris. A peu de chose près, il s’agit de la ligne d’autobus Nivelles-Soignies d’aujourd’hui. Le 5 décembre 1891, le conseil communal d’Ecaussinnes-Lalaing rejeta le projet à l’unanimité. Le 13 juin 1898, le conseil communal de l’époque revint sur la décision du 5 décembre 1891 et souscrivit au projet.

Faisons un bon dans le temps. Le 4 juin 1904 le capital initial pour la construction de la ligne et de l’achat du matériel d’exploitation est de 1.940.000 francs. 1.455.000 francs sont à charge des provinces du Hainaut et de Brabant. La quote-part des communes est de 485.000 francs dont 50.000 à charge de la commune d’Ecaussinnes-Lalaing.

Enfin, le 4 décembre 1909, l’octroi de la concession est accordé. Un viaduc à 12 arcades est prévu pour traverser la vallée de la Sennette et ainsi éviter ses rudes pentes. La Première Guerre mondiale allait lui asséner un coup inattendu et marquer le début de son déclin. La construction fut arrêtée en 1915. Cependant les travaux de construction du viaduc, commencés en 1914 par l’entrepreneur Ecaussinnois Macq, se poursuivirent avec l’assentiment des Allemands. Le viaduc fût terminé en 1916. Il ne faut se faire d’illusion, la poursuite de cette construction n’était pas faite pour les beaux yeux des Ecaussinnois, les Allemands avaient très bien perçus l’avantage à retirer : plus de pentes ardues à escalader.

Ouvrage d’art de 121 mètres de longueur, il se compose de 10 arches de 7,30 mètres d’ouverture et de deux autres de 10,30 mètres et d’une hauteur de 14,86 mètres. Il est entièrement construit avec des pierres provenant de la carrière de Scoufflény. Cependant, en raison de l’occupation militaire des Ecaussinnes, la voie ne fut pas posée. Après la guerre, la Société Nationale des Chemins de Fer Vicinaux décida de ne pas poursuivre les travaux. Il fallut attendre l’année 1927 et le rachat du viaduc par la carrière de Scoufflény pour enfin voir une locomotive passer sur le pont. Toute chose a une fin, la carrière de Scoufflény a cessé ses activités et la voie ferrée fut entièrement démantelée le 8 janvier 1962.

Ce qu’il faut aussi savoir c’est que l’argent investi par les communes dans cette construction le fut à « fonds perdus ». Les fers d’ancrages portant les initiales « CV » sont celles des Vicinaux. Des gais lurons qui n’avaient pas les yeux en poches parvinrent à faire croire qu’il s’agissait des initiales de « Victor Charon » directeur des carrières de Scoufflény. Comme le dit si bien feu Marius Mary : la ligne est morte avant de naître.
 

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