Le Moulin à Farine, dit "Moulin Zaza"

Rue de Belle-Tête

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Photo : ecautour

Quand on est dans la rue de Belle-Tête, on devine assez mal que la ferme abritait dans un passé lointain un moulin à farine. Cette ferme, dont le moulin fut d’un appoint principal, constitue un bel exemple de construction rurale. Elle se compose de bâtiments en briques rouges, appareillées de pierres bleues enserrant une cour carrée. L’accession à cette cour se fait par un portail en arc de cintre agrémenté d’une clé de voûte portant le millésime 1829 et au-dessus Félicien Baguet, maître de carrière.

A l’étage de ce portail on trouvait la machinerie du « Moulin Zaza » et, grâce à une trappe toujours visible, on pouvait monter les sacs de grains. Le moulin en lui-même était accessible par un escalier extérieur situé dans la cour.

L’appellation de « Moulin Zaza » se rattache au souvenir d’Elisa Dechièvres, mère de Jules Rousseau, qui tenait un café sur la place Cousin, à l’angle de la rue Maurice Legrand. Comme jadis on désignait souvent les personnes par un surnom Elisa devint « Zaza ». Son fils Jules étant meunier, le moulin de Belle-Tête devint « le Moulin Zaza ».

Parmi les occupants de la ferme, l’on note Jean Beaucarne qui occupa les lieux de 1908 à 1924, année où il céda la place à son fils Gérard Beaucarne, le père de Julos, jusqu’au 1er juillet 1934, époque où il part pour la rue Victor Cuvelier pour ouvrir un atelier de vente et de réparation de machines agricoles.

En 1937, les nouveaux occupants sont Jules Rousseau, dit « Jules Zaza » et son épouse Jeanne Hautier, mieux connue sous le surnom de « Jeanne Payen ». Mais les débuts de la Guerre 1940-1945 furent particulièrement pénibles pour le meunier. Le carburant pour le moteur à essence se faisant de plus en plus rare, il fallut trouver une autre solution et l’on passa au moteur électrique.

Tous deux résistants de haut niveau, le 12 mars 1944, la Gestapo, soit la police politique du 3ème Reich, débarqua chez les Rousseau car elle n’ignorait pas que depuis le 28 février 1944, ils hébergeaient les cinq rescapés américains d’une superforteresse, un Boeing B.29 abattue le 29 Janvier 1944 au-dessus de Waterloo. Battus, torturés, ils sont emmenés à la prison de Saint-Gilles où les sévices continuent de plus belle à un point tel que Julie Hautier resta impotente au lit jusqu’à sa mort. Par miracle, ils échappent à la déportation et au train de la mort.

Libéré, Jules Rousseau reprit l’exploitation du moulin mais en face des moulins industriels, il dut cesser son activité en 1952 et le moulin sera désaffecté.

Quant à la ferme devenue la propriété des Damiens, pour sortir d’indivision, elle fut vendue le 31 août 1977 à la province de Hainaut. Aujourd’hui, on y trouve une école provinciale de cuisine et d’hôtellerie.
 

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